Resister Pour la France

ste-jeanne-darcTelle Minerve, la France est née casquée. Depuis toujours, notre nation a dû résister ; et s’il fallait définir l’esprit français, il faudrait, bien sur, évoquer la résistance.

La résistance, c’est la victoire gallo-romaine aux Champs Catalauniques, en Champagne ; c’est le sursaut de notre civilisation latine, terreau fertile de la future France, contre l’envahisseur.

La résistance, c’est Clovis à Tolbiac, quand il anéantit les Alamans après avoir invoqué le « Dieu de Clotilde », sa chrétienne épouse ; ce même Dieu que prie Genovefa – Geneviève – humble bergère de Nanterre, patronne de Paris, figure d’éternelle jeunesse gardant la Cité.

La résistance, c’est le peuple de France, des bourgs et des bonnes villes, parti prêter main forte à Philippe II, l’Auguste, à sauver la Couronne ; c’est la nation qui s’éveille et qui s’émeut, face aux ennemis coalisés, pour vaincre à Bouvines.

La résistance, c’est la fin héroïque de saint Louis, roi de justice, mourant sous les murs de Carthage.

La résistance, c’est le connétable du Guesclin qui, de la Bretagne à l’Auvergne, donne toute sa vie au service des armes et de la Patrie, lorsque l’Anglais est partout ; c’est Jeanne, la Lorraine, notre Geneviève de la Guerre de cent ans, sainte et immortelle, qui redonne l’espoir de la Reconquête. La résistance, c’est l’étendard blanc flottant sur Orléans ; c’est la délivrance française.

La résistance, c’est le preux Bayard gardant un pont, seul contre tous ; c’est le canadien Dollard des Ormeaux protégeant un fort de Nouvelle France ; c’est un matelot défendant le mât en haut duquel claque notre pavillon.

La résistance, c’est le sursaut. C’est le panache d’Henri IV ; c’est Villars à Denain ; c’est la nation en armes, non pour le plaisir de guerroyer, mais pour défendre les réalités charnelles et spirituelles qui nous sont chères.

 La résistance, c’est le refus des idéologies. C’est défendre nos foyers, nos familles, nos clochers et nos traditions ; c’est lutter pour le pays réel, les racines et la liberté contre les abstractions qui déracinent l’homme et l’instrumentalisent à des fins totalitaires.

La résistance, c’est Charette et ses gars, c’est le vieux pays qui veut vivre, c’est la jeunesse de France qui veut sauver la liberté de l’homme intérieur. C’est une jeunesse de feu.

La résistance, c’est Lyon sous la cannonade, disant non à la tyrannie ; c’est tout un peuple communiant dans un refrain : « Quand on meurt pour la patrie, n’a-t-on pas assez vécu ? »

La résistance, c’est le paysan du Rouergue, le pêcheur du Morbihan et le Parisien, coude à coude dans une tranchée de Verdun ; c’est l’héroïque femme française ; c’est le petit écolier qui attend la lettre d’un père parti au front, et qui ne reviendra pas.

 La résistance, c’est le refus de l’abaissement et du déshonneur. La résistance, c’est un pêcheur de l’île de Sein en 1940. C’est Honoré d’Estienne d’Orves, fidèle jusqu’au bout, fusillé au mont-Valérien. C’est la résurrection après mille souffrances ; c’est le serment de Koufra, et les trois couleurs flottant au sommet de la cathédrale de Strasbourg.

 La résistance, c’est le respect de la parole donnée.

 Résister pour la France, c’est défendre nos familles, notre terre, notre drapeau, nos racines. C’est refuser les projets totalitaires qui portent les germes de la violence ; c’est la droiture morale, qui seule peut porter l’âme vers le don total de soi-même.

 Résister, c’est conquérir un futur, un avenir français, connecté à l’héritage de son glorieux passé. Résister, aujourd’hui comme hier, c’est lutter pour que l’homme lève les yeux vers l’Absolu.

 Résister pour la France, c’est une entreprise de reconquête.